Quelle est la nouvelle identité culinaire du restaurant Nectar Paris ?
Tout commence par le produit.
Pas comme un élément posé au centre de l’assiette, mais comme un point de départ que le chef cherche à explorer dans toutes ses nuances. Une texture peut en appeler une autre. Une partie moins évidente d’un ingrédient peut devenir la base d’un jus, d’une infusion ou d’un condiment. Une cuisson révèle une douceur ; une pointe d’acidité vient ensuite la réveiller.
Cette volonté de travailler le produit aussi complètement que possible donne le ton de la nouvelle cuisine de Nectar.
Chez Keiichi Shinohara, la précision n’efface jamais l’instinct. Elle lui donne au contraire un cadre.
L’assiette se construit autour d’équilibres : l’acidité pour donner du relief, l’amertume pour prolonger une saveur, le végétal pour apporter de la fraîcheur, les notes torréfiées pour créer de la profondeur. Les influences japonaises apparaissent par touches, dans un assaisonnement, un parfum ou une manière de chercher l’épure.
Elles ne viennent pas déguiser une cuisine française.
Elles la déplacent légèrement.
C’est peut-être là que réside le caractère le plus intéressant de cette nouvelle identité : le sentiment de reconnaître quelque chose avant qu’un détail ne fasse basculer l’assiette ailleurs.
Cette philosophie accompagne les différents moments proposés au restaurant Nectar.
Au déjeuner, l’approche se fait bistronomique : une cuisine contemporaine pensée pour conserver à la fois précision, gourmandise et spontanéité.
Le soir, le rythme change. Les assiettes se succèdent à travers deux expériences : Pollen, en 4 temps et réalisable en version végétarienne, et Apis, en 7 temps. Deux manières de laisser davantage d’espace au récit du chef, aux saisons et aux accords mets et boissons.